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Carcinome lobulaire infiltrant

Mis à jour le 09/12/2021

Temps de lecture estimé à 5 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Femme qui regarde sa poitrine
© 123RF / Piotr Marcinski
Comprendre le cancer du sein

Sommaire.

  1. Carcinome lobulaire infiltrant : définition
  2. Diagnostic du carcinome lobulaire infiltrant
  3. Carcinome lobulaire infiltrant : traitement

Le cancer du sein est une maladie redoutée par les femmes, qui se décline sous de nombreuses formes. Arrêtons-nous sur l’une d’entre elles : le carcinome lobulaire infiltrant.

Carcinome lobulaire infiltrant : définition

Le sein peut être le siège du développement de différents types de cancers. Le carcinome lobulaire infiltrant fait partie de ceux-ci :

  • Il se développe à partir d’un lobule de la glande mammaire, lieu de production du lait. Contrairement à d’autres types de cancers mammaires, il ne forme pas une masse ovoïde bien précise, mais se présente sous forme de bande, ce qui peut rendre son diagnostic plus difficile.
  • Il peut apparaître à différents endroits d’un même sein, et, dans 1 cas sur 5, il affecte les deux seins.
  • Il fait partie des formes invasives de cancer car ses cellules se propagent dans les tissus graisseux avoisinants.
  • Il est plus rare que les cancers infiltrants qui affectent les canaux galactophores, chargés de transporter le lait vers le mamelon.
  • À un stade plus avancé de développement, il gagne les ganglions lymphatiques situés au niveau des aisselles et risque de se propager dans l’organisme. La mutation d’un gène, le CDH1, peut favoriser son apparition.
Bon à savoir

5 à 15 % des cancers du sein sont des carcinomes lobulaires infiltrants.

Diagnostic du carcinome lobulaire infiltrant

À l’examen visuel, la peau en regard de la lésion est parfois un peu épaissie et rétractée. En raison de sa forme particulière, la mammographie ne permet pas toujours de le détecter, il peut en revanche être mis en évidence plus facilement par échographie ou IRM. Ce dernier est l’examen le plus précis, qui permet d’avoir une bonne idée de la taille de la lésion.

Bon à savoir

La Haute Autorité de santé (HAS) se prononce en faveur de l’intégration de l’angiomammographie double énergie dans le bilan diagnostique du cancer du sein lorsque l’IRM mammaire est contre-indiquée.

Une biopsie permet de faire un prélèvement de la lésion cancéreuse afin de l’étudier au microscope, déterminer le « grade » du cancer, de 1 à 3 selon la vitesse de développement de la tumeur. Elle permet également de déterminer si le cancer lobulaire infiltrant est :

  • hormonodépendant (c’est-à-dire influencé par les hormones), ce qui est souvent le cas ;
  • ou très sensible à un facteur de croissance, en raison de la présence en grand nombre de récepteurs en surface des cellules, HER2 : on parle alors de tumeur « HER2 positive ».

Ces informations sont précieuses pour déterminer les modalités du traitement.

Carcinome lobulaire infiltrant : traitement

Comme son diagnostic est difficile, la prise en charge des patientes est en général assez tardive. Elle repose sur différentes approches complémentaires.

Chirurgie

En cas de carcinome lobulaire infiltrant, le traitement repose d’abord sur une chirurgie visant à retirer les lésions cancéreuses. Deux options sont possibles :

  • soit l’ablation totale du ou des seins touché(s), la mastectomie ;
  • soit une chirurgie conservatrice, où seule la lésion cancéreuse est éliminée.

Les spécialistes utilisent une méthode, appelée « technique du ganglion sentinelle » pour déterminer s’il est nécessaire ou non de procéder à l’ablation des ganglions lymphatiques (le curage ganglionnaire) des aisselles. Ils examinent le premier de ces ganglions : s’il ne présente pas de cellules cancéreuses, l’élimination des autres n’est pas indispensable.

À noter

Souvent, cette analyse est menée en cours d’intervention et permet de mener le curage ganglionnaire au sein de la même opération chirurgicale. Il arrive cependant que cette intervention se déroule dans un second temps.

Radiothérapie

En complément de la chirurgie, une radiothérapie est généralement mise en œuvre pour limiter les risques de récidive du cancer. Des séances quotidiennes, 5 jours sur 7, sont menées sur un nombre de semaines variables.

Chimiothérapie

Une chimiothérapie est parfois menée avant l’étape chirurgicale, lorsque la lésion cancéreuse est de taille trop importante pour envisager directement son ablation. Elle peut également être conduite après l’opération, pour réduire les risques de récidive.

Hormonothérapie

Lorsqu’une femme est atteinte d’un cancer du sein hormono-dépendant, différents types de traitements hormonaux lui sont proposés, en parallèle des autres interventions évoquées :

  • des inhibiteurs de l’aromatase, qui s’opposent à la production des œstrogènes ;
  • des antiœstrogènes comme le tamoxifène, qui « prennent la place » de cette hormone au niveau de ses récepteurs cellulaires ;
  • des androgènes ou des progestatifs.

La durée idéale de l’hormonothérapie adjuvante chez les femmes atteintes de cancers à haut risque semble aujourd’hui se situer à sept ans.

Tant qu'on en parle
Hormonothérapie

En cas de surexpression des récepteurs HER2

Le trastuzumab (Herceptin®) est un médicament destiné aux femmes dont la tumeur est HER2 positive (10 à 15 % des cas), pour freiner sa croissance. La durée du traitement est de 1 an, il est injecté par voie veineuse, parfois en même temps que la chimiothérapie.

Les nouveaux traitements des cancers HER2+ permettent chaque année de diminuer le risque de rechute métastatique, mais également d’améliorer l’espérance de vie en situation de récidive, avec des médianes de survies aujourd’hui au-delà de cinq ans.

Des anticorps conjugués sont désormais utilisés. Ils combinent un anticorps monoclonal capable de reconnaître assez précisément les cellules cancéreuses porteuses de l’antigène HER2 et une chimiothérapie relarguée spécifiquement dans ces cellules tumorales. Anticorps conjugué de seconde génération, le trastuzumab deruxtecan vient de démontrer, en seconde ligne métastatique, un bénéfice majeur par rapport au traitement de référence de première génération avec une survie sans progression supérieure à 20 mois contre seulement 6,8 mois auparavant.

Bon à savoir

Source : Cortés J et al. Annals of Oncology 2021;32 (5): S1283-S1346.

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