Causes du cancer du sein

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Les causes du cancer du sein sont nombreuses, et tous les facteurs responsables de son développement n’ont pas encore été identifiés de façon exhaustive. 5 à 10 % des cancers du sein surviennent dans un contexte de prédisposition génétique majeure. Les autres cas sont liés à des facteurs environnementaux et au mode de vie.

Causes du cancer du sein « héritées »

Sexe et âge

Le sexe est un facteur de risque très important pour le cancer du sein. Statistiquement, 78 % des cancers du sein surviennent chez les femmes de plus de 50 ans, et moins de 1 % de tous les cancers du sein sont diagnostiqués chez l’homme.

L’âge moyen de dépistage du cancer du sein est de 63 ans (raison pour laquelle le dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans qui peuvent bénéficier gratuitement, tous les deux ans, d’une mammographie à réaliser dans les cabinets de radiologie publics et privés). Le nombre de nouveaux cas observés est faible avant 30 ans, mais il augmente rapidement dès l’âge de 40 ans, pour se stabiliser entre 60 et 70 ans (environ 28 % de ces cancers sont diagnostiqués après 69 ans).

À noter : la mortalité augmente continuellement avec l’âge.

Causes génétiques du cancer du sein

Un âge d’apparition jeune (avant 40 ans) est lié généralement à un cancer du sein héréditaire. Un antécédent familial de cancer du sein, de l’ovaire ou du côlon, surtout avec un degré de parenté proche, comme avec une mère ou une sœur, prédispose à un cancer du sein d’origine génétique.

Différents gènes sont impliqués dans le cancer du sein :

  • Les gènes BRCA1 et BRCA2. 5 à 10 % des cancers du sein sont d’origine génétique. C’est une altération des gènes BRCA1 et BRCA2 qui est incriminée. Les femmes porteuses de la mutation de ces gènes ont 40 à 85 % de risque de développer ce cancer avant l’âge de 70 ans, contre 10 % sans mutation de ce gène. Le risque est plus précoce et plus élevé pour les mutations du gène BRCA1 (55 à 65 % des femmes porteuses d'une mutation de ce gène développeront un cancer du sein).
  • Le gène PTEN : expose à un risque de développer un cancer du sein de 25 à 50 %.
  • Le gène TP53 : le risque est de 28 à 43 %.
  • Le gène STK11 : le risque est de 29 %.

Causes épigénétiques

Les facteurs épigénétiques commandent l’activation ou la désactivation de certains gènes dans la cellule. C’est grâce à eux qu’une cellule se spécifie en un neurone ou en un globule blanc, par exemple.

Ces facteurs épigénétiques pourraient expliquer la très grande diversité des cancers du sein là où la génétique n’y parvient pas.

Causes hormonales à l’origine des cancers du sein

Puberté précoce et ménopause tardive

Des premières règles précoces augmentent le risque de cancer du sein, et ce risque diminue de 5 % par année de retard.

En revanche, une ménopause tardive, après 55 ans, augmente le risque de développer un cancer du sein de 3 à 4 % par année de retard. Le corps est plus longuement exposé aux hormones ovariennes, et surtout aux œstrogènes, qui stimulent la prolifération du tissu mammaire.

Dans le même ordre d'idée, on sait aujourd'hui que le traitement hormonal de la ménopause (traitement hormonal substitutif) expose à un surrisque de cancer du sein pour les durées de traitement supérieures à 5 ans avec les progestatifs de synthèse, et au-delà de 7 ans avec les œstro-progestatifs micronisés topiques (source : congrès Pari(s) Santé Femmes, 25-27 janvier 2023, Lille).

À noter : si la consommation de soja diminue les risques de développer un cancer du sein, c'est parce que les isoflavones qu'il contient entrent en compétition avec les œstrogènes et qu'ils jouent donc un rôle protecteur contre les cancers du sein hormonodépendants. Cet effet protecteur est encore plus marqué chez les femmes ayant une forte consommation de soja essentiellement avant la ménopause.

Grossesse

Plus une femme a d’enfants, plus son risque d’avoir un cancer du sein diminue. Il se réduit de 10 % après chaque accouchement. 

Les femmes n’ayant pas eu d’enfant ou ayant eu une grossesse tardive, après 35 ans, ont un risque de tumeur mammaire 4 fois supérieur aux femmes multipares (ayant eu plusieurs grossesses).

En revanche, un âge de première grossesse tardif augmente ce risque. Une femme ayant son premier enfant après 30 ans aurait un risque 5 fois plus élevé de faire ce cancer.

À noter : on recommande généralement d'attendre entre 6 mois et deux ans avant d'envisager une grossesse suite à un traitement contre le cancer du sein.

Allaitement

Chaque période d’allaitement de 12 mois réduit le risque de 4,3 % d’avoir un cancer du sein.

Cette protection serait due à la production de la prolactine, l’hormone de l’allaitement, réduisant l’exposition aux œstrogènes.

Causes du cancer du sein liées au mode de vie

Alimentation

Une alimentation déséquilibrée, trop riche en sucre ou en graisses saturées, augmenterait le risque de cancer du sein. Le fait d'en consommer trop stimule en effet la protéine mTOR qui est impliquée dans la régulation de la croissance et de la prolifération des cellules (y compris tumorales). Or, des études montrent qu'on retrouve une activité élevée de mTOR dans plus de la moitié des cancers du sein.

Bon à savoir : la consommation régulière d'aspartame (édulcorant E951) entraînerait un risque de cancer du sein augmenté de 22 % (source : « Artificial sweeteners and cancer risk: Results from the NutriNet-Santé population-based cohort study », Charlotte Debras et al., PLoS Med, mars 2022).

L’obésité est en tout cas un facteur de risque établi dans l’apparition d’un cancer du sein. En effet, la surcharge pondérale (surpoids et obésité) est estimée responsable de 18 634 nouveaux cas de cancers en 2015, concernant 14 localisations, principalement le côlon et le sein.

L'hypercholestérolémie constitue par ailleurs un facteur de risque de cancer du sein et une nouvelle étude américaine vient d'être publiée montrant un risque accru de développement de métastases dans les cancers du sein associés à une hypercholestérolémie.

De plus, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a montré que les nitrites et nitrates utilisés comme additifs alimentaires (dans les charcuteries notamment) étaient associés à des risques plus élevés de cancer du sein.

En revanche, une consommation satisfaisante de fruits, de légumes verts et de graisses végétales (huile riche en oméga 3) a un rôle protecteur. Par ailleurs, une étude montre que le fait de manger des aliments bio de façon régulière réduirait de 25 % le risque de cancer et de 34 % le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées.

Bon à savoir : adopter une alimentation de type régime méditerranéen (riche en végétaux, poissons et huile d'olive, mais aussi réduit en viande rouge, sucres, céréales raffinées…) diminue d'environ 35 % le risque de développer un cancer du sein à récepteurs d'œstrogènes négatifs.

À noter qu'on retrouve également des cellules d'origine parodontale dans les tumeurs du cancer du sein, de sorte que les maladies parodontales pourraient également jouer un rôle dans le développement de ce cancer.

Alcool : un facteur de risque reconnu dans le cancer du sein

À ce jour, environ 4 % des cancers du sein sont dus à l’alcool, qui augmente les concentrations d’œstrogènes dans le sang.

Une absorption de 10 g d’alcool par jour augmente le risque de développer ce cancer de 7 %. Le risque augmente ensuite de façon linéaire avec la quantité consommée.

Bon à savoir : l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer après le tabac et il est responsable de 8 % des nouveaux cas pour l’année 2015 (28 000 cas), la localisation la plus fréquente étant le sein (8 081 nouveaux cas).

Tabac : non considéré comme un facteur de risque

Le tabac n'est en effet pas reconnu comme facteur de risque dans ce contexte.

 Il l'est par contre pour le cancer du poumon, de la vessie, du rein et des voies aériennes supérieures comme la gorge.

Sédentarité

Le risque d’avoir un cancer du sein diminue jusqu'à 30 % chez les femmes qui pratiquent une activité sportive régulière : 30 à 60 minutes 4 à 5 fois pas semaine.

Le sport permet en effet de diminuer la production des œstrogènes et de lutter contre l’obésité, notamment celle apparaissant après la ménopause.

Bon à savoir : quel que soit l’âge de début de pratique sportive, le bénéfice est là !

Stress

Le risque de cancer du sein pourrait bien être augmenté également par le stress.

Notons que la privation de sommeil et le travail de nuit semblent également être des facteurs aggravants, notamment lorsque le travail de nuit se poursuit pendant plus de dix ans. 

Selon une étude polonaise, le risque de cancer du sein serait multiplié par 2,6 si une femme a travaillé de nuit au moins six mois dans l'année. Ce risque serait multiplié par 3 pour celles qui ont enchaîné au moins trois nuits de suite par semaine.

Cancer du sein : les causes liées à l’environnement

Radiations ionisantes : à risque

Le risque de cancer du sein est multiplié par 3 chez les femmes de moins de 40 ans ayant déjà eu des rayons à haute dose.

Une surveillance a lieu jusqu'à 8 ans après la fin de l’irradiation.

Agents chimiques

Pilule contraceptive

Selon certaines études, les contraceptifs oraux augmentent légèrement le risque de cancer du sein. Ce risque existe seulement pendant la période d’utilisation et diminue progressivement à l’arrêt jusqu'à disparaître au bout de 10 ans.

Quoi qu'il en soit, une utilisation tardive de pilules contraceptives est un facteur de risque reconnu dans le cancer du sein.

Important : la pilule contraceptive diminue de moitié le risque de cancer de l’ovaire et n’est mise en cause que dans 1 % des cas de cancers du sein.

Par ailleurs, selon une étude, il existe une association entre le risque de survenue d’un cancer du sein et l'utilisation actuelle ou récente de contraceptifs hormonaux dans des proportions similaires qu’il s’agisse d’un contraceptif oral combiné, d’un progestatif oral seul, d’un progestatif injectable, d’un implant progestatif ou un dispositif intra-utérin progestatif. Ainsi, les risques relatifs (par rapport aux femmes ne prenant pas de contraceptifs) seraient augmentés de 20 à 30 %.

Source : Plos Medicine, 21 mars 2023.

Traitement hormonal substitutif (THS)

C'est un traitement mis en place au cours de la ménopause pour pallier les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes dues à la baisse d'œstrogènes.

Le risque de cancer du sein est clairement augmenté par les THS, même s'il dépend de la durée de traitement et des molécules utilisées.

Il est recommandé de ne pas le prendre pendant plus de 5 ans.

Traitement contre la goutte

Selon une étude taïwanaise parue dans la Revue du Rhumatisme, les traitements antigoutteux rendent les femmes plus vulnérables au cancer du sein avec une augmentation de 20 % des risques en cas d'usage prolongé (plus d'un an). Les risques de cancers seraient les mêmes pour le cancer de l’ovaire et celui du col de l’utérus.

Source : Yang HC et al. Traitements de la goutte et risque de cancer : étude cas témoins. Revue du rhumatisme. 2019.

Certaines molécules toxiques

Les perturbateurs endocriniens, comme le paraben, pourraient favoriser la croissance des tumeurs cancéreuses en mimant l’activité des œstrogènes.

De même, plusieurs études révèlent par exemple que les colorations capillaires à répétition favoriseraient le développement de cancers du sein (mais aussi de leucémies, de cancers du cerveau et de la vessie).

Source : Heikkinen S. et al., « Does Hair Dye Use Increase the Risk of Breast Cancer ? A Population-Based Case-Control Study of Finnish Women », PLoS One, août 2015, doi: 10.1371/journal.pone.0135190. eCol

Les pesticides perturbateurs endocriniens présentent un risque encore plus élevé de favoriser le développement des cancers du sein.

Bon à savoir : les bisphénols S et F, substituts au bisphénol A qui a été interdit en France en 2015, seraient également des perturbateurs endocriniens et stimuleraient la prolifération des cellules cancéreuses. Ils se retrouvent dans les contenant de produits alimentaires ou dans les tickets de caisse ou les reçus de cartes de crédit.

Zoom sur les champs magnétiques

Une exposition prolongée à des champs magnétiques, comme vivre à mois de 300 m d’une ligne à haute tension, augmenterait le risque de cancer du sein, surtout en période de pré-ménopause.

Cancer du sein : autres causes

Densité mammaire

La densité mammaire intervient aussi dans les facteurs de risques.

Le sein est dense quand au moins 25 % du sein est radiologiquement dense.

Le risque de cancer du sein augmente avec la densité mammaire.

Bon à savoir : 30 % des cancers du sein sont associés à une densité du sein à la mammographie supérieure à 50 % par rapport à la moyenne.

Mastopathies bénignes

Selon le type de mastopathie, les fibromes par exemple, les risques encourus sont différents.

Le risque le plus élevé se trouve chez les femmes présentant un carcinome in situ. Les antécédents personnels de cancers du sein constituent en effet un important facteur de risque.

À noter : les femmes souffrant de kystes au niveau des seins ne voient pas leur risque de développer un cancer du sein augmenté.

Cancer du sein : le bio-décodage

Si on s'appuie sur la vision psychosomatique que propose le décodage biologique, le cancer du sein aurait pour origine un choc émotionnel (bio-choc). Il faut d'emblée préciser que si, face à un sur-stress, la réponse du corps se porte sur le sein, ce n'est pas le fruit du hasard.

En effet, en cas de bio-choc, l'organisme met inconsciemment en place la solution qui lui semble la plus appropriée aux besoins du moment pour faire face à l'urgence. Dans le cas précis du sein, le choc émotionnel à l'origine du cancer peut concerner (chez une droitière ou l'inverse chez une gauchère) :

  • Le sein gauche en cas de conflit mère/enfant (on parle de conflit de nid) et d'une façon générale de tout ce dont on se sent responsable, là où on a besoin de nous pour survivre (il peut donc aussi s'agir d'une personne âgée dépendant de soi). D'un point de vue symbolique, une chef d'entreprise pourra par exemple considérer sa société comme « son bébé »  ; ainsi, il peut y avoir un conflit de nid si l'entreprise dépose le bilan.
  • Le sein droit en cas de conflit avec quelqu'un que l'on materne en second. Il peut s'agir du partenaire ou du mari, du père, d'un frère ou d'une sœur, voire d'un voisin, d'un collègue, d'un cousin ou encore d'un ami.

Le sein gauche ayant pour fonction (chez une droitière) de nourrir le bébé, c'est très logiquement (bio-logiquement) que l'organisme va « décoder le sein » pour venir en aide à l'enfant ou assimilé.

De même, prendre sous son aile quelqu'un revient au sein droit (toujours chez une droitière), et c'est donc lui qui va présenter un cancer en cas de conflit, c'est-à-dire de choc émotionnel concernant les personnes maternées en second.

Remarque : pour qu'il y ait cancer, il faut que le choc émotionnel soit vécu de façon dramatique, inattendue, dans l'isolement (personne ne sait précisément ce qu'on ressent) et sans solution immédiate.

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